Ousmane Sow, le sculpteur des Grands Hommes

Il y a de ces personnes qui vous accompagnent de manière bienveillante dans votre voyage à travers la vie, dans l’ombre, tels des gardiens. C’est un peu le sentiment que j’ai avec Ousmane Sow dont j’ai pris conscience de l’existence avec l’annonce de son décès ce premier décembre 2016. Pour que l’on annonce le décès d’un Africain dans nos journaux, c’est qu’il a dû réaliser quelque chose de grandiose. Un peu plus tard dans le mois, alors que je me rendais à Paris, tenant un café dans les mains, je m’arrête juste à côté de cette statue devant laquelle je suis passée des centaines de fois. Le nom de Ousmane Sow retient mon attention. Nous sommes à Genève. La statue intitulée « L’immigré » a été commandée par la Ville. Un homme lisant représente un immigré sans-papiers. Il tourne le dos aux banques, institutions qui font la renommée du pays.
Point de départ de mon voyage initiatique à la découverte de l’artiste dont l’œuvre se veut universelle et humaniste.

« Je représente des Hommes pour que personne ne me pose la question de ce que j’ai essayé de représenter »

Ma première rencontre à mon insue semble avoir eu lieu à Besançon à l’Esplanade des Droits de l’Homme qui se trouve juste devant la mairie. La statue imposante de Victor Hugo y siège et rappelle aux passants que Besançon est la ville natale de l’écrivain.

Imaginez-vous ! Un maire souhaitant faire hommage à ceux qui l’ont précédé dans sa ville et qui accorde sa confiance à un étranger venu de loin pour cette tâche. C’est que les liens qui relient ces trois personnages doivent être particulièrement profond.

A Besançon, on retrouve son œuvre au travers de « L’Homme et l’Enfant ». Ousmane Sow a fait une exception à sa propre règle en répondant à un concours lancé par la Ville, où les dossiers étaient reçus et traitées de manière anonyme. Son œuvre a touché et a été choisie parmi les propositions reçues.

Le voyage se poursuit à La Rochelle où je me suis rendue à plusieurs reprises pour retrouver ma sœur qui était alors inscrite à l’Université. Inaugurée en mai 2015, sa statue de Toussaint Louverture dont le père était un esclave a Saint-Domingue et qui est devenu Gouverneur de l’île à l’issue d’une guerre d’indépendance.
A Lausanne, c’est le Comité International Olympique qui s’est doté d’une de ces sculptures, un coureur sur la ligne de départ. Celle-ci se trouve aux abords du Musée Olympique.

Ces deux pays sont ceux qui me sont le plus familier mais son œuvre est présente au-delà de leurs frontières.
Tout d’abord au Sénégal, son pays de naissance qu’il avait quitté la première fois suite au décès de son père. En 1966, il participe au premier Festival Mondial des Arts Nègres, organisé à Dakar à l’initiative de Léopold Sédar Senghor. C’est probablement la première fois qu’il revendique son statut d’artiste alors que sa profession de formation est kinésithérapeute.
C’est d’ailleurs probablement grâce à sa connaissance approfondie du corps humain que son œuvre est si riche avec des représentations en bronze particulièrement détaillées, ce qu’il n’aurait jamais pensé possible lorsqu’il utilisa ce matériau pour la première fois en 1999.
Mon voyage initiatique devra se poursuivre au Sénégal afin de rendre réel mon imaginaire qui a construit une image idyllique de la Maison Multicolore qui se trouve au bord de l’océan à Toundoup Rya.

Par Audrey Humbert

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