Le FESPACO, la seule institution panafricaine qui marche !

Apparu sur l’écran en 1969, au Burkina Faso, le Festival Panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (FESPACO) apparaît aujourd’hui comme la seule institution du continent qui semble remplir le rôle que toutes les autres grandes institutions, à vocation panafricaine, n’ont jamais pu assurer en Afrique, à savoir : contribuer à l’essor de la culture et au développement du continent, moyennant la production et la promotion de son art. C’est-à-dire de ses ressources humaines.

Le FESPACO est né à l’initiative d’un groupe de cinéphiles, dont les noms sont passés à l’histoire, notamment Alimata Salembéré, sa première présidente (1969-70), François Bassolet et Claude Prieux (Directeur du Centre culturel français à Ouagadougou). À l’époque, le pays de Thomas Sankara s’appelait la Haute Volta. Paradoxalement, ce projet de coopération audiovisuelle franco-voltaïque, sinon franco-africaine, est devenu aujourd’hui, l’une des institutions les plus prestigieuses, l’une des entreprises les plus réussies et emblématiques du continent noir. Aujourd’hui, le FESPACO par son audience et sa portée est la seule institution qui contribue à nourrir les rêves des populations de tout un continent africain, par la magie de son cinéma, tant proclamée par les pères des indépendances.

À l’origine, ses créateurs ne poursuivaient que trois objectifs concrets qui, à l’époque et compte tenu de leurs moyens forts limités, semblaient inatteignables :

  • premièrement, favoriser la diffusion de toutes les œuvres du cinéma africain ;
  • deuxièmement, permettre les contacts et les échanges entre professionnels du cinéma et de l’audiovisuel,
  • et troisièmement, contribuer à l’essor, au développement et à la sauvegarde du cinéma africain, en tant que moyen d’expression, d’éducation et de conscientisation.

Or, ces trois objectifs ont été largement dépassés et, au fil des années, le FESPACO est devenu un festival de taille mondiale, incontournable pour les cinéastes africains mais aussi pour des professionnels de l’audiovisuel venus de tous les continents.
Ce que les pères des indépendances africaines n’ont pas réussi, l’unité du continent, un groupe de cinéastes, amoureux de l’art et du continent africain l’a fait.
Pour se faire, l’organisation a su s’entourer et compter avec un public divers et varié, tout comme la diversité et la variété du continent africain. Le FESPACO a pu tirer profit des contributions financières diverses comme le Programme des Nations Unies Pour le Développement (PNUD), l’UNESCO, l’UNICEF, l’organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’Union Européenne (UE). Il est aussi le reflet d’une parfaite coopération internationale qui rassemble des pays aux intérêts et horizons différents, souvent contradictoires comme la Chine, l’Allemagne, la France, la Belgique, le Canada, le Burkina Faso, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, la Suède, etc. Tous ces pays apportent leurs concours, tous les ans, au festival de Ouagadougou.
Les organisateurs du FESPACO semblent vouloir donner raison aux observateurs, penseurs, hommes de culture et hommes d’État, quand ils affirment que l’Afrique est le continent de demain, comme l’a dit Manuel Valls, le Premier ministre français dans son voyage en Afrique, lors de son étape à Abidjan le 31 octobre. Une chose est vraie, le FESPACO place l’Afrique dans le monde, par son art. À ce titre ce festival du cinéma africain apparaît comme la seule grande institution panafricaine qui prend son envol dans un continent qui tarde à décoller.

Editorial du blog
JMB

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